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Il y a un an en regardant les photos des finishers du 39ème marathon de Paris, je me suis mise à rêver, et pourquoi pas moi? moi aussi je veux vivre ce moment chargé en émotions, en douleurs aussi, mais surtout c’est du bonheur qui se lis sur les visages. Donc dés l’ouverture des inscriptions s’est parti je me lance et m’inscris en sas 4h.

J’ai fait une préparation de 12 semaines, avec un plan d’entrainement 5 séances par semaines pris sur le site http://www.conseilcourseapied.com ce plan je l’ai adapté à l’aide d’un autre plan trouvé dans le jogging international spécial marathon qui eux se basent plus sur la fréquence cardiaque. au total durant la préparation, j’ai couru 591 km en 53 séances et j’ai  finalement changé de sas de départ pour le 3h45, avec un objectif de le courir à 5’20.

Après une météo incertaine jusqu’au dernier moment, c’est avec le soleil et un super ciel bleu que nous arrivons sur Paris avec Seb et Nadia, direction les vestiaires. Une très bonne organisation, vu que les heures de départ sont bien décalés, on ne fait pas la queue. Seb nous quitte pour rejoindre son sas 3h30 et nous nous allons tranquillement rejoindre Debo et son cousin qui nous attendent sur les champs Elysée.

Des 8h30 nous sommes dans le sas on croise Eugenie @eug0110 et @auresteph, ça fait plaisir de les rencontrer au milieu de toute cette foule. On les quitte pour avancer dans le sas, je sens une douleur au genou qui est apparu ce matin, Deb me rassure, je n’ai jamais eu mal au genou, je n’ai rien fait pour, donc c’est dans la tête (et elle avait raison, car rien en courant!).

9h20 c’est le départ de la première vague de notre sas, ça y est notre marathon commence, on descend les champs sous les encouragements du public avec le smile. on essaye de trouver notre rythme mais ça descend donc on est un peu trop rapide, d’ailleurs dés la concorde, avec la foule de coureur, je me retrouve seule. Je regarde derrière, ils suivent donc je garde mon rythme. La meneuse d’allure 3h45 est juste à côté, je la suis, Nadia arrive à prêt de moi ça me rassure, mais je cherche Debo je ne la voit plus.

Les premiers kilomètres défilent super vite, 5ème kilomètre Bastille et premier ravito, je prends 1 bouteille et une banane, mais je glisse sur une bouteille, une douleur à la cheville, mais je repars, la douleur se dissipe vite. Je regarde ma montre, on va trop vite, on est à 4’55 par moments au lieu de 5’20, pourtant on suit toujours le drapeau 3h45. on essaye de ralentir, on râle même avec d’autres coureurs après la meneuse d’allure! La pauvre! Mais on se rassure car on a compensé du coup les monter, on passe le 10ème kilomètre en 52’57, on est dans les temps.

Dans Vincennes au 12ème kilomètre, je me dis, ça va pas être facile, j’ai plus de mal qu’au semi de Rambouillet, mais je ne dis rien à Nadia, je continue. La traversée de Vincennes est calme, on entend juste la respiration des coureurs. Les trottoirs sont quasi déserts, rien à voir avec la foule des rues de Paris. On est bien content de quitter le bois et de voir l’arche des 20 kilomètres. Comme à tous les 5 kilomètres, au ravito c’est banane et eau, je bois les 33 cl entre chaque ravitaillement, il commence à faire chaud maintenant qu’on est sortie du bois.

On passe le semi en 1h52’17 » c’est parfait pour le moment je le dis à Nadia, il faut qu’on tienne. On descend sur les quais de Seine au 23ème kilomètre, les passages sont étroits, on à du mal à réussir à maintenir l’allure faute de place. Après le ravitaillement du 25ème kilomètre que je perds Nadia, elle doit ralentir. C’est à ce moment-là que mon esprit a pris le dessus sur mon corps, je réalise que je n’ai jamais étais plus loin et maintenant que je suis seule, c’est entre moi et ces 42 kilomètres ! Entre le 26ème et le 27ème kilomètre, je pense à Marine qui fête ses 27 ans, en plus dans le tunnel l’ambiance est zen, avec photos et musique de relaxation, ça lui correspond bien !

Je sors du tunnel, pour longer le jardin des tuileries ou je retrouve les fameux souterrains qui m’avaient bien cassé les jambes aux 20 kilomètres de paris. j’ai l’impression d’être une machine à ce moment-là, je suis concentrée sur ma respiration, je baisse un peu mon rythme mais ça passe et direction le 30ème kilomètre. Je passe le fameux mur et j’attends qu’il me rattrape, j’avance, je slalom entre les personnes qui ont ralenti, ceux qui marchent. La chaleur est dure à supporter je continue à boire, je commence à appréhender, depuis le début de l’aventure, c’est le 35ème kilomètre qui me fait peur, il y a une bonne montée paraît-il. J’essaye de relancer, le corps commence à fatiguer, dans ma tête je ne pense qu’à une chose, ma famille, je pense aux épreuves qu’on a traversées, à mon p’tit quand il était malade. Je pense à lui, je me dis j’ai vécu pire, ça ce n’est rien et j’avance, je la monte cette côte je double même. Ouf elle est passée cette côte, on entre enfin dans Boulogne, on va pouvoir se mettre au frais. Au 36ème kilomètre je ressens comme une contracture en haut des abdos, je me dis j’ai du trop me contracter pendant la montée, je continue, j’essaye de relancer mais d’un coup je sens une pointe au cœur. Je panique, la contracture c’était une oppression thoracique ? je ralentis, j’essaye de voir si j’ai mal dans la mâchoire ou le bras (en bonne  infirmière!) c’est bon je continue en baissant le rythme. ça va mieux, j’accélère, ça recommence, en plus je vois une personne à terre avec les secouristes, je ne veux pas m’arrêter, je dois continuer. sur les 4 derniers kilomètres qui me semblent une éternité, je régule au maximum et surveil mon cardio c’est dur, mais je suis en train de le faire je passe le kilomètre 40, le 41, ma montre sonne pour le 42, après le virage je vois des drapeaux, la délivrance ! j’accélère comme jamais j’aurais cru, mais c’était le 42ème et je la vois la-bàs l’arche ! ma montre avait de l’avance, j’ai envie de pleurer, je pensais en avoir fini, mais non, je trouve la force je relance j’arrive même à faire une second sprint sur la ligne d’arrivée! je suis finisher! je l’ai fait! je suis marathonienne! je regarde ma montre, je vois 3h49’03 »

J’avance pour aller chercher mon tee shirt et ma médaille, je suis perdu, je cherche sur la ligne si je vois arriver Debo et Nadia. Je rencontre Julien @nikebandicrew  on échange nos ressentis, j’ai du mal à réaliser, à redescendre ! Aujourd’hui je n’ai pas rencontré le mur, pas comme mes amis……

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