Tout a commencé par un premier trail de 12 kilomètres où je me suis éclatée (dans tous les sens du terme !!) c’était juste après le marathon de Paris. c’est peut être le blues du marathon comme l’appel certains ou juste mon grain de folie qui m’a fait convaincre mes deux acolytes Debo et Nadia, de partir avec moi à l’aventure sur la saint express! car oui c’était une véritable aventure! pas seulement au niveau de la distance, du dénivelé, du temps, de l’heure… mais surtout une grande aventure humaine !

Samedi matin 7h30 :  Nous y voila, c’est le grand jour ! Nadia vient me chercher avec sa petite twingo moi et mes nombreux sacs ! avec comme Nadia le plus gros réservé aux affaires de running. Direction Chartres où nous attend Debbo pour prendre son break (parce que trois filles partant en week-end en twingo ça n’est logistiquement pas possible !). Direction Lyon avec notre Debbo au volant, ce qui est déjà une grande aventure pour elle ! je vous épargne nos fous rires du trajet, notre pause pipi salvatrice….

15h : arrivée au hall tony Garnier, on se gare au parking souterrain ou déjà des coureurs sont en plein change. on fait un petit tour dans le salon, on récupère les dossards, on cherche des gobelets en plastique, quelques selfis et on est reparti ! et tout ça sans stress !!

16h45 : arrivée à l’hôtel, on descend les affaires, on se prépare tranquillement, on est toutes les trois surprises du timing impeccable, tout se déroule parfaitement. on prend tranquillement notre repas, au menu des pâtes (pour changer!) des oeufs et une banane. Mélissa notre partenaire de squad vient nous faire un coucou, nous parle un peu de son expérience de l’an passé sur la saintexprint . Il est déjà l’heure de partir, direction le métro.

19h45 : on est de retour prés du hall Tony Garnier où l’on voit les derniers bus pour Saint Etienne partir. La pression monte, les prochains départs sont pour nous ! On rejoint un bus et c’est parti. L’organisation est parfaite jusque-là ! Les bus nous déposent à Sainte Catherine, ou l’on nous demande de rejoindre la zone d’attente. A peine sur les lieux on comprend les recommandations dans le bus nous demandant de ne pas uriner partout dans la ville ! plusieurs dizaines de coureurs sont derrière les toilettes en train d’uriner dans le square pour enfants ! imaginez qu’on parle  de 3000 personnes sur la saintexpress plus les relais ! ensuite direction les tentes pour attendre 23h heure du départ au chaud. eh bien ça on oublie car une seule tente est prévue pour tout le monde ! donc avec les filles on se prépare dehors sous les -5°c qu’il a faits cette nuit-là ! Pour Nadia c’est le coup de massue car elle n’a pu ce strapper la cheville correctement avant la course, pour son entorse qu’elle traîne depuis le trail des raids dingues. au bout d’une heure d’attente dans le froid alors qu’on commence à ne plus sentir nos orteils, des coureurs sortent ENFIN de la tente pour se placer en tête sur la ligne de départ. Nous en profitons pour rentrer au chaud histoire de récupérer quelques orteils avant le départ. Ce qui nous fait partir en fin de 3ème vague.

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23h20 : Départ de la 3ème vague, avec les filles on se donne la main pour ne pas se perdre, on allume nos brassards verts qui vont permettre de se repérer pendant la course. C’est parti pour 44 km, 950 D+ 1500D-

1er étape 11km pour rallier Saint Genou-Le Camp, où nous attendra le premier ravitaillement liquide : dès la sortie de sainte Catherine, on prend un chemin qui grimpe doucement, mais ça marche, impossible de d’aller plus vite avec le monde. Le spectacle qui s’offre à nous est magnifique ! toutes ces lampes qui se suivent dans la nuit ça paraît irréel. On alterne course et marche en montée ou dès qu’il y a un rétrécissement de chaussée. Les chemins ne sont pas stables, beaucoup de pierres cachées par les feuilles dans les bois. Nadia se tord la cheville dans une descente et Débo n’est pas rassurée, les descentes sont son point faible. On arrive à la fameuse montée qu’ont nous a annoncé au départ, une côte de 20% sur 750 mètres et 180 D+. Je grimpe en disant aux filles on s’attend en haut pour ne perdre notre rythme de montée.  on se repère facilement avec nos brassards ! difficile de trouver son rythme sur une course que l’on fait à trois, surtout que Nadia commence à bien souffrir de sa cheville. arrivée à Saint Genou-Le Camp, pas d’arrêt pour nous, niveau liquide nous avons ce qu’il faut.

2ème étape 12km pour rallier Soucieu en Jarrest. on alterne entre routes, sous bois et chemins. ça descend assez dur par moments, j’alterne course et arrêt pour attendre les filles qui peinent dans les descentes. c’est assez dur à gérer, dans ma tête, difficile de faire taire cette petite voix compétitrice qui me dit « aller dépêches-toi, tu as vu le chrono ». c’est là en regardant ma montre afficher les plus de 3 heures que je me suis dit « stop les sub 6h çà n’est pas possible, alors prend du plaisir, arrête de regarder le chrono! ». Et je me suis écoutée, j’ai arrêté de regarder le chrono, pour profiter de notre balade nocturne. De retour sur le bitume à l’entrée de Soucieu en Jarrest, je vois Debbo accélérer, je la suis en me disant que Nadia nous rattrapera au ravito. Ça fait du bien d’accélérer, de tenir une bonne allure, de doubler les coureurs qui marchent. Nous on est bien, je me sens bien et pourrais continuer mais il faut s’arrêter. On arrive au gymnase, je fais le plein de mes flasques, on mange, du saucisson, du fromage, des tucs une première pour moi sur une course. Il faut dire que l’on est parti depuis 3h40 et qu’il nous reste 20 kilomètres. Nadia souffre de sa cheville, Debbo se met à avoir mal au ventre, difficile de repartir, mais après 20 bonnes minutes de pause, il faut repartir.

3ème étape, 10 kilomètre pour allier Chaponost : on entre dans la seconde partie de course, la moins difficile du parcours, si ce n’est une bonne descente avec des pierres bien glissantes. Sans doute aussi par ce que psychologiquement, c’est quoi 20 kilomètres! on a en plus arpenté beaucoup de chemins. Plusieurs fois je dis à Debbo que j’admire la force de Nadia, elle souffre tellement et elle continue, une vraie guerrière. on entre dans Chaponost, même scénario à l’entrée de la ville, je sens Debbo beaucoup plus à l’aise, elle part en disant à Nadia c’est la fin. Heu ! comment lui dire que non, nous ne sommes pas à Lyon ! Est-ce le faux espoir qui donne de nouveau mal au ventre à Debbo mais c’est dur à gérer pour elle pendant ce ravitaillement. On mange, du pain et du fromage,  on boit du chaud et on repars tranquillement, mais Debbo à encore quelques douleurs.

4ème et dernière étape 11km, Lyon : Nous continuons notre périple en nous dirigeant vers un parc éclairé, avant de redescendre dans le noir, nous sommes de moins en moins nombreux sur le parcours. le chemin est très humide, on est seules avec un autre coureur à un moment ou l’on doit traverser une passerelle que je lui signale quand je le vois partir en face. Les premiers concurrents de la saintelyon en duo nous dépassent puis la solo, ils vont vite. Avec Nadia on  prend le temps d’un petit selfi au milieu des sapins (poke à Mélissa) ça fait du bien de voir Nadia rire. On repart vers la fin de la course avec encore une belle côte qui se profile, mais là sur bitume à 16 puis 18%sur une centaine de mètres. On applique la même stratégie, on grimpe chacun à son rythme et on s’attend en haut. on repart en courant mais pas pour longtemps car après avoir descendu dans un parc, ça remonte avec de nombreuses petites côtes. Je sens les filles épuisées, elles ne peuvent plus courir dans ces montées et la descente d’escaliers avant l’arrivée le long des berges du rhône les achèves. Pourtant on n’est pas loin j’essaie de relancer après la montée d’escalier qui nous donne accès au pont  Raymond Barre, à quelques centaines de mètres de l’arrivée. on accélère, pour entrer dans le hall Tony Garnier et c’est main dans la main que nous passons l’arche d’arrivée à trois en 6h33.

C’est une course inoubliable, au-delà du temps, une expérience riche en émotions et ce défilé de loupiotes dans la nuit ! de quoi en prendre pleins les yeux !.  Ce départ et cette arrivée main dans la main vaut plus que tous les chronos ! J’ai couru avec des personnes extraordinaires, Nadia la guerrière que rien n’arrête ! Debbo et sa phobie des descentes qui a été remarquable ! On est finisher de la saintexpress les filles ! on se dit à l’année prochaine, et surement pour moi sur la saintelyon !

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