Après ma première Saintexpress 44km en 2016 avec mes amies, j’avais tellement trouvé cette course magique avec le défilé de frontales, que je me devais de revenir. Mais cette fois-ci sur la distance complète, la Saintelyon 72km.

La semaine d’attente pré course a été particulièrement stressante, puisqu’il a neigé en début de semaine 😰. J’avoue que le froid ne me pose pas de problème, mais la neige… Après une semaine de doutes, on se résigne en se disant « eh bien au moins on pourra dire qu’on a fait la saintelyon sous la neige »😅. Par chance elle s’est arrêtée de tomber, c’est donc sous une nuit blanche mais sèche que je suis arrivée à saintetienne, avec Sylvin un de mes partenaire de Squad Runner. Sylvin en est à sa 2ème édition, il peut ainsi me donner quelques conseils pour la course et notamment niveau matériel (je suis un peu trop chargé apparemment 😅). Dès 22h45 nous sortons nous installer derrière l’arche de départ, il y a déjà du monde devant nous. Nous sommes surpris de ne pas avoir froid pendant l’attente, sûrement un mélange d’adrénaline et la chaleur de la foule qui nous entoure. 23h30 le départ de la 1er vague avec les élites est donné, nous les suivons 10 minutes après avec la 2ème vague. Les 7 premiers kilomètres sont assez rapide sur bitume, le corps se réchauffe bien. J’essaie de ne pas m’emballer, de réguler mon allure. On arrive sur les 1er chemins avec les 1er montées, j’alterne marche dans les montées et course dans les descentes. Je vois les serpents de lumières, un spectacle magnifique.

Ma stratégie de course est de penser en étape, un but rallier le prochain ravitaillement. Les 16 premiers kilomètres se font tranquillement, la neige est bien au rendez-vous, nous courons dans de la poudreuse par endroit, cela demande un effort musculaire en plus.

J’arrive a Saint-Christo-En-Jarez après 1h40 de course, on est à 16km depuis le départ et 757m de dénivelé positif. Cette première étape c’est fait sans problème, je ne subi pas le froid. Le ravitaillement est à l’abri, il y fait chaud. Je rempli vite mes flasques, bois un thé sucré, mange une banane et je repars. Prochaine étape 12 kilomètres 696m de dénivelé positif pour rallier Sainte-Catherine.

On continue le parcours dans la neige, cela devient difficile d’avancer, quand les routes ne sont pas enneigées, elles sont verglacées. Je décide de mettre les surchaussures antidérapante et franchement je me félicite de les avoir achetées, car sur le verglas c’est vraiment efficace. le froid commence à se faire ressentir avec un vent glaciale par moment. L’eau dans mes flasques est gelée. Je ne peux même plus boire à celle du côté gauche, d’où vient le vent. Je rejoins Sainte-Catherine cela fait 3h49 que j’ai quitté Saintetienne. Je remplis une flasques avec du thé chaud, car même l’eau du ravitaillement est glacée, car nous sommes à l’extérieur 😱. Je mange 2 morceaux de pain d’épice, change la batterie de ma Petzl avant de repartir. Mais je sens que j’ai vraiment froid au ventre et les doigts gelés.

Je repars avec comme objectif 13 kilomètres à faire pour rejoindre Saint Genou-Le-Camp avec 619m de dénivelé positif. Mes doigts qui étaient gelées se mettent à me brûler d’un coup, la douleur m’en fait pleurer. Un autre coureur me vois, il me motive pour avancer, me donne des conseils pour faire circuler le sang. La fatigue, le froid et la douleur un bon combo pour vous mettre le moral à zéro ! Merci Damien avec qui j’ai couru et marché sur une douzaine de kilomètres. Le terrain est très verglacés, je vois beaucoup de chutes, tel que sur certaines descentes les gens préfèrent les glisser sur les fesses ! Moi et mes surchaussures nous évoluons bien tout en étant vigilant. Je me fais quand même quelques frayeurs avec les personnes qui tombent et s’accrochent à ce qu’ils peuvent.

A Saint-Genou-Le-Camp, le ravitaillement n’est que liquide et dehors aussi, donc je remplis ma flasque de thé et repart aussitôt en direction de Soucieu-En-Jarrest à 11km. Le terrain est d’un coup plus sec, plus de neige, j’enlève mes surchaussures. Le dénivelé est moins important, seulement 367 mètres sur cette portion, ça commence à bien descendre. Il faut rester vigilants dans les descentes à cause du verglas, mais je me sens très bien, jusqu’au 46 ème kilomètre ou je commence à avoir des spasmes aux ventres qui m’obligent à marcher. A Soucieu-En-Jarrest cela fait 8h18 que je suis parti, cela fait 6km que j’alterne marche et course à cause de mon mal de ventre. Je prends 2 spasfon et 1 smecta et je repars rapidement en me disant que si je dois marcher sur les 20 derniers kilomètres il ne faut pas traîner. J’essaie de manger en marchant mais rien ne Passe. Je vois le jour se lever, j’alterne marche et course, c’est de pire en pire. Je reçois un appel de mon fils et là j’eclate en sanglots. Je lui dis que j’ai mal au ventre, que c’est dur. Il me réconforte me dit « vas y maman tu es la plus fort, va au bout ». Un gros moment d’émotion, avec la fatigue qui s’accumule, la douleur que je n’arrive plus à gérer, c’est en pleure encore que j’arrive au dernier ravitaillement de Chanopost après 10h02 de course.

A Chanopost je m’assois, j’essaie de me détendre, je regarde les messages de mes amis, de mes partenaires de Squad Runner et de mes copines Nadia et Debo avec qui j’avais fait la saintexpress l’année passée. Cela me redonne le moral. Pour repartir et finir les 10 derniers kilomètres. Cette pause m’aura été bénéfique, car le spasfon a eu le temps de faire effet et je ne sens pratiquement plus de douleur en courant. Mon fils me rappel, je le rassure il est exité car il suis le live track et m’encourage. J’ai vraiment des supporters en or et ça me fait un bien fou. Je continue d’avancer, j’essaie de manger quelque chose, car sur les 2 derniers ravitaillements je n’ai rien pris. J’avance, les panneaux de décompte des derniers kilomètres font du bien au moral, j’ai retrouvé le sourire, même dans les dernières montées qui semblent interminables. Les marches pour accéder aux quaies je les descends avec la banane, malgré ce dernier kilomètre qui c’est rajouté 😅.

Après 11h49 de course, je passe l’arche ! J’ai réussi, je suis finisher de ma 1er Saintelyon 73,5km, 1950 mètres de dénivelé positif.

Un grand merci à tous ceux qui m’ont soutenu dans mon périple. Sylvin et sa famille qui ont attendu mon arrivée au hall Tony Garnier 😘, ma Nadia qui a passé une nuit blanche à regarder mon évolution et me soutenir. Ma famille, mes fils et mon mari qui m’ont suivi sur mes 2 prepa consécutives et m’ont soutenu pendant la course. Merci aux bénévoles sans qui la course ne pourrait avoir lieu et aux supporteurs sur le parcours, vous êtes GÉNIAUX !

Au final ça n’est pas la distance qui a été dur, mais le froid, enfin l’eau glacée ! Note pour plus tard : acheter le sac oxsitis de 17 litres (7litres n’est pas suffisant) et ainsi prendre une poche de 2 litres avec une protection isotherme. On apprend de ses erreurs… Mais quelle nuit !

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